RedĂ©couvrez ce classique feel good : LâEsprit de Famille, un roman plein dâĂ©motions.
Et si le roman feel good le plus touchant que vous ayez jamais lu datait des années 80 ?
Avec LâEsprit de famille, la saga familiale culte signĂ©e Jeanine Boissard, nous plongeons dans un univers de rires. DâĂ©motions. De souvenirs et de chaleur humaine. Bien avant que le terme roman feel good devienne un phĂ©nomĂšne de librairie, cette sĂ©rie nous offrait dĂ©jĂ une parenthĂšse pleine de douceur et de nostalgie. DĂ©couvrez pourquoi ce classique de la littĂ©rature familiale française nâa pas pris une ride, et pourquoi il mĂ©rite de figurer dans votre pile Ă lire cet Ă©tĂ©..
Câest un livre quâon ne lit pas seulement avec les yeux. On le lit aussi avec le cĆur. Il nous imprĂšgne de souvenirs dâodeurs de cuisine. De rires Ă©touffĂ©s derriĂšre une porte. De regards qui en disent long sans un mot.
Avec le regard doux-amer de Pauline, la narratrice, on rit, on pleure, on grandit. On entre dans cette maison pleine de bruit, dâamour maladroit et de petits bonheurs. Et je peux rajouter, que l’on n’y rentre pas, on y est invitĂ©.
Je relis la saga depuis peu. Et une rĂ©flexion m’est venue. Bien avant que le mot feel good devienne Ă la mode, Jeanine Boissard rĂ©chauffait dĂ©jĂ les cĆurs avec une plume simple et lumineuse.
Pauline Moreau : une narratrice sensible au regard intemporel.
Je vais vous parler de Pauline car des filles Moreau, c’est ma prĂ©fĂ©rĂ©e. J’aime le regard lucide et tendre qu’elle porte sur sa famille. Famille heureuse mais pas parfaite. Quand elle parle du clan Moreau, elle a ce ton Ă la fois naĂŻf et rempli de sagesse. Elle n’a pourtant que 17 ans quand l’histoire commence. Ătudiante en lettres, rĂȘveuse, souvent dĂ©passĂ©e mais toujours sincĂšre. Elle observe le tumulte familial avec ce mĂ©lange dâironie bienveillante et dâĂ©motion contenue. Cela fait toute la saveur de la saga. Elle nous fait entrer dans son monde avec une sincĂ©ritĂ© rare des narrateurs. On la suit dans ses maladresses, dans ses espoirs timides. C’est justement cette fragilitĂ© assumĂ©e qui m’a touchĂ©e. Son amour discret mais intense pour sa mĂšre. Ses soeurs, et mĂȘme pour les petits riens du quotidien. Cela nous rappelle que l’essentiel est parfois dans les choses les plus ordinaires.
Des sĆurs uniques pour une saga familiale inoubliable
L’analyse qu’elle fait de ses soeurs est brillante et attachante, je trouve.
Chaque sĆur a sa personnalitĂ©, ses Ă©lans, ses contradictions.
Sur les six romans, Pauline est la narratrice des quatre premiers. Les deux derniers, c’est la voix de CĂ©cile qui prend le relais.
Mais câest Ă travers le prisme de Pauline que lâon ressent les choses : la fatigue silencieuse de la mĂšre. Les bouderies et insolence de CĂ©cile. Les tiraillements amoureux de Claire, surnommĂ©e la Princesse. Bernadette et sa passion pour les chevaux, son cĂŽtĂ© masculin, appelĂ© la cavaliĂšre. Pauline n’a pas de surnom. Elle n’aime pas son prĂ©nom. Elle ne juge pas, elle accueille, elle ressent. Et Ă travers son regard, elle nous offre un regard profondĂ©ment humain, et objectif sur les relations familiales. Quand j’ai lu ces livres, je devais avoir 15/16 ans. Mes « relations familiales » Ă©taient plutĂŽt bancales. Donc je peux vous que ces livres Ă©taient de vrais refuges.
Les valeurs universelles qui traversent les générations
Ce qui frappe dans LâEsprit de famille, câest la justesse des Ă©motions. On est loin de la carte postale familiale Ă©dulcorĂ©e : les conflits, les non-dits, les petits agacements du quotidien sont lĂ . Mais ils ne prennent jamais le pas sur ce qui lie vraiment cette tribu : lâamour, mĂȘme maladroit. L’autrice Jeanine Boissard cĂ©lĂšbre les silences, les gestes tendres, les regards complices. Et c’est un vrai bonheur.
On pourrait croire que les histoires de famille se ressemblent toutes. Mais chez l’autrice, elles trouvent un Ă©cho singulier, parce quâelles sont racontĂ©es avec une empathie gĂ©nĂ©reuse, sans cynisme, sans ironie cruelle. Câest un regard profondĂ©ment humain, profondĂ©ment fĂ©minin, qui Ă©claire chaque ligne.
Il n’y a pas d’embellissement inutile.
Et si ces valeurs nous paraissent si intemporelles, câest peut-ĂȘtre parce que nous en avons plus que jamais besoin aujourdâhui : cette capacitĂ© Ă Ă©couter sans juger, Ă aimer sans condition, Ă grandir ensemble. Et Ă aimer sans famille sans jugement, dans l’acception de l’autre.
Extrait :
 » Je ne peux me dĂ©fendre contre cette certitude que quoi qu’il arrive de douloureux ou de terrible, cette maison tiendra le coup, que nous nous y retrouverons tous les soirs; pour que maman puisse sourire Ă notre venue; pour que Bernadette se moque des airs languissants de Claire, pour que CĂ©cile proteste, pour que tout simplement la vie continue, comme il faut, quelque part ». Pauline. L’esprit de famille

De la télévision aux librairies : le succÚs qui traverse
Parue entre 1979 et 1984, la sĂ©rie a connu un immense succĂšs populaire. Elle a Ă©tĂ© adaptĂ©e Ă la tĂ©lĂ©vision, touchant ainsi des gĂ©nĂ©rations de tĂ©lĂ©spectateurs avec les aventures tendres et piquantes des Moreau. On y retrouve lâatmosphĂšre des annĂ©es 80 : les pulls en laine qui grattent. Les radios qui grĂ©sillent. Les disputes autour du tĂ©lĂ©phone fixe…
Et ce qui frappe, câest que les prĂ©occupations des annĂ©es 80, lâenvie de libertĂ©, de reconnaissance, dâamour vrai, sont toujours celles dâaujourdâhui. L’autrice met des mots sur des Ă©motions quâon nâose pas toujours exprimer, mais quâon ressent tous profondĂ©ment
Quand le roman feel good moderne rencontre le charme rétro des Moreau
Aujourdâhui, le rayon feel good dĂ©borde de romans bienveillants, oĂč lâon parle de reconversion, de retour Ă soi, de chaleur humaine. Pourtant, LâEsprit de famille avait dĂ©jĂ tout ça…et bien plus encore. Pas de recettes miracles ni de dĂ©cors fabriquĂ©s : juste la vraie vie, sublimĂ©e par une plume tendre et pudique.
Jeanine Boissard nâĂ©crit pas pour faire sourire Ă tout prix : elle veut que lâon se reconnaisse, que lâon sâĂ©meuve, que lâon retrouve ce quelque chose de doux et dâessentiel qui fait tenir debout. Son feel good Ă elle est sincĂšre, sans artifice.
Que nous amĂšne cette saga ?
On ne sort pas de cette lecture avec une injonction au bonheur, mais avec une douce envie de prendre soin des siens, de sâappeler un peu plus souvent, de dire âje tâaimeâ un peu moins vite mais un peu mieux.
Câest un apaisement plus quâun divertissement : une respiration au milieu du tumulte. Je me souviens qu’en le lisant pour la premiĂšre fois, j’avais cette folle envie de faire partie de cette famille. Je voulais moi aussi, plus tard donner un nom Ă ma maison. Chez les Moreau, la maison c’est « la marette ». Rien que de lire cela me faisait fondre de tendresse.
Ă (re)lire absolument : un roman cocon Ă mettre dans sa pile Ă lire.
LâEsprit de famille est un roman Ă relire, dans tous les sens du terme. Ă relire quand on a besoin de douceur. Ă relire pour retrouver une Ă©poque, une ambiance, une Ă©criture pleine de cĆur. Ă relire pour se rappeler que le bonheur ne tient parfois quâĂ une soirĂ©e passĂ©e sous une couverture, entourĂ©e de ceux quâon aime (mĂȘme un peu trop fort). A relire car certains principes sont forts. Comme le dit la maman, ce n’est pas parce que Charles, le pĂšre est mĂ©decin, qu’il faut dĂ©penser l’argent n’importe comment. Chaque fille a un moment ou un autre, a travaillĂ© pour s’offrir ce qu’elles souhaitaient.
Dans un monde oĂč tout va vite, oĂč lâon survole souvent ce quâon lit et ce quâon ressent, LâEsprit de famille nous rĂ©apprend la lenteur, la simplicitĂ©, la beautĂ© des liens tissĂ©s au fil des jours. Câest un roman refuge, une lanterne douce pour Ă©clairer nos soirs plus gris.
Ă propos de l’auteur (2014)
« RomanciĂšre au plus de cinquante livres et plus de soixante ans de carriĂšre, Janine Boissard fait figure de monstre sacrĂ© de la littĂ©rature dite « populaire », adjectif dont elle tire une grande fiertĂ©. « Virtuose dâun style simple » pour Paris-Match, « plume inoxydable » pour Le Figaro, elle fait rĂ©guliĂšrement lâobjet de portraits dans la presse, qui cherche sans le trouver le secret de son Ă©ternelle jeunesse, et elle est abonnĂ©e aux files dâattente dans les salons du livre. » Google Books
Quand les romans feel good modernes retrouvent leurs racines chez Jeanine Boissard :
Ces romans partagent cette chaleur humaine, cette tendresse du quotidien et cette lumiĂšre douce sur les liens familiaux :
- Quatre sĆurs â Malika Ferdjoukh : une fratrie excentrique, une maison pleine de vie, une narration vive et pleine dâhumour. IdĂ©al pour retrouver lâĂ©nergie joyeuse des Moreau
- La cerise sur le gĂąteau â AurĂ©lie Valognes : un feel good Ă la française, drĂŽle et attachant, autour des petits dĂ©fis de la famille moderne.
Ces lectures prolongent lâunivers de Jeanine Boissard, avec cette mĂȘme capacitĂ© Ă faire sourire, Ă©mouvoir, et se sentir un peu moins seul.
Avis lecteur Babelio :
« Ah, L’esprit de famille !
Que de souvenirs que ce livre, que j’ai lu et relu pendant des annĂ©es.
Je me souviens avec bonheur de « La Marette », la maison du docteur Moreau et de ses quatre filles.
J’ai adorĂ© ce roman, j’ai adorĂ© tous les personnages et ils ont bercĂ© mon adolescence.
Je l’ai relu il y a peu, ça n’a pas vieillit (ou si peu ;).
A lire pour les amateurs d’histoire de famille ».
Conclusion
Je vais ĂȘtre trĂšs rapide, car je pense avoir tout dit.
Si vous n’avez pas lu L’esprit de famille, faĂźtes-le đ
Plus sĂ©rieusement, pour ceux et celles qui ont lu ou vu la saga, qu’en avez-vous pensĂ© ? Dites moi le en commentaires.
Si cette article vous a plu, partagez-le. Les vieux romans mĂ©ritent qu’on les ressortent de la bibliothĂšque.


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