L’auberge d’Alexandre
Je me tenais devant lâauberge, les clĂ©s en main.
Elle était à moi. Enfin.
Il avait fallu du temps : les papiers, le notaire, les derniĂšres dĂ©marchesâŠ
Nous Ă©tions fin septembre, et jâespĂ©rais ouvrir trĂšs bientĂŽt.
Hier, avec mes parents, Charlotte et Clémence, nous avions passé la journée à faire le tour des magasins professionnels.
Nous avons passĂ© commande pour les meubles. CâĂ©tait long, Ă©puisant, mais rempli de rires, de complicitĂ©, de projets.
Jâavais un peu repensĂ© le concept de lâauberge.
Je ne voulais pas faire de restauration classique.
Juste des planchettes de charcuteries ou de fromages, quelques paniers pique-nique, et le matin, un vrai bon petit-déjeuner.
Maman sâĂ©tait portĂ©e volontaire pour le prĂ©parer.
Jây avais bien rĂ©flĂ©chi, et jâavais dit oui.
Lâauberge comptait huit chambres Et juste Ă cĂŽtĂ©, par chance, un grand gĂźte, parfait pour en faire notre lieu de vie Ă ClĂ©mence et moi.
Charlotte, mon ex-femme, avait trouvĂ© une jolie maison Ă quelques kilomĂštres de Vauxcourt-les-bois. ClĂ©mence Ă©tait aux anges. Elle avait enfin sa maman prĂšs d’elle. Elle sautait partout en parlant dĂ©co, petits dĂ©jeuners et balades Ă vĂ©lo.
Jâavais aussi remarquĂ© que Pauline Ă©tait revenue.
Sa boutique avait rouvert. Maman lâavait croisĂ©e au marchĂ©.
Je lui avais rĂ©pondu chaleureusement au message quâelle mâavait envoyĂ©. Je lui avais souhaitĂ© du courage, et de prendre son temps. Je savais quâil en fallait pour guĂ©rir dâune blessure.
Aujourdâhui mon destin est ici, Ă Vauxcourt-les-Bois.
Mais au fond, le destin aime les histoires qui durent…


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